L’auteur

10353554_723781134382190_1801346548378847946_n  Jean Dib Ndour est né au Sénégal dans un petit village au cœur de l’Afrique.

Le bac Littéraire obtenu au lycée Léopold Sédar Senghor à Joal Fadiouth, il se retrouve à la Faculté de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Au bout de deux ans, il finit par opter pour un BTS en Tourisme Hôtellerie puis une Licence en Gestion Touristique et Hôtelière à Paris …

Il est « frontalier » et travaille actuellement dans le secteur Hôtelier au Luxembourg après un bref séjour de deux ans à Londres.

«Itinéraire d’un enfant d’Afrique » est son premier roman. Dans cet ouvrage l’auteur Jean Dib Ndour , fait découvrir la beauté et la richesse du continent noir, longtemps considéré par le Blanc comme une planète sans histoire.

Dans le livre l’auteur, Jean Dib Ndour, nous parle du continent noir. A travers son parcours en Afrique, il essaie de mettre à nu les réalités du continent, tout en dénonçant quelques tares de sa société . Toutefois, Jean Dib ne se limite pas seulement là, il tente, tant bien que mal, d’apporter sa contribution sur les questions actuelles qui font débat dans la société. Dans un style simple, il utilise les proverbes africains comme «tôt ou tard, on récolte les bienfaits de la parole du sage» pour poser son argumentaire.

Le roman tel qu’il est écrit place l’africain qu’il est dans trois espaces: D’abord dans son village d’origine Nguéniène, le département de Joal qui l’a adopté et où il a fréquenté le collège, avant de se rendre en France, son pays d’exil.

La vie à Nguéniène

Dans cette première séquence du livre, Jean Dib Ndour nous plonge d’abord dans la vie de son village natal en période hivernale. L’auteur nous amène à découvrir la routine du paysan, marquée par le débroussaillage des champs, la semence et la récolte des labeurs avec une inquiétude sur la pluviométrie qui n’est pas toujours stable. Il vante ici la bravoure des femmes qui sont les premières à se lever et à se coucher. La femme mère, protectrice et éducatrice. Toutefois, l’auteur s’attarde sur sa vie à l’école primaire de Nguéniène. Contrairement à ses autres camarades, Jean Dib a eu à bénéficier de l’école privée catholique. Cependant, malgré la qualité de l’enseignement, il ne manque pas de dénoncer les méthodes utilisées par les enseignants pour mémoriser les leçons et certaines formules aux élèves qu’ils étaient. Les méthodes de la cravache et des quatre gaillards firent décriées par ce dernier qui trouve que s’était exagéré de la part de l’enseignant de faire subir le martyr aux élèves dont le seul tort était de ne pas comprendre ou mémoriser les leçons. La pédagogie était absente de l’enseignement, en lieu et place des bastonnades à répétition et l’auteur, malgré le silence des parents, trouve que « le maitre en usait et en abusait comme bon lui semblait». Toujours en matière d’éducation, l’auteur relève le système des doubles flux dans les écoles publiques qui sont la cause de l’échec de plusieurs élèves qui n’ont pas pu dépasser le cap du Cm2.

La vie au village était aussi marquée par les virées nocturnes réservées aux hommes. Ils pouvaient aller regarder la télévision. Parlant du petit écran, il nous plonge au cœur de l’ambiance des grands rassemblements. Selon l’auteur, il n’y avait qu’un seul poste de télévision pour tout le village et les hommes s’y retrouvaient pour suivre les feuilletons et les matchs de football. L’écran leur permettait d’admirer le talent de leur footballeur qui n’était autre que le sénégalais Jules François Bocandé. Dans cette ambiance bon enfant, adultes, jeunes et vieillards, instruits et illettrés se côtoient et vivent ensemble leur passion.

L’auteur revient sur le chapitre 2 pour parler de la manière de sceller les mariages en Afrique. Une union qui se décidait entre deux familles et où la femme n’avait que le devoir de se soumettre aux décisions de ses géniteurs. Cette méthode était souvent source de conflit et la femme fuguait à chaque fois, qu’elle en avait l’occasion.

Nguéniene et le dialogue Islamo Chrétien.

L’une des richesses du village de Nguèniène demeure sans nul doute, la cohabitation en harmonie entre chrétien et musulman. Selon l’auteur, ce phénomène était une réalité et les deux religions cultivaient le sens du partage et de l’entraide. Il soutient que l’Afrique a toujours cru en la présence et en la protection d’un Dieu unique, même s’il est resté animiste pendant plusieurs siècles. Toutefois, l’évangélisation en Afrique s’est faite le plus souvent de manière brutale aux mépris des réalités locales. Ce qui amène l’auteur à dire « il n’y avait point de concertation, il ne fallait ni expliquer, ni proposer mais imposer. » Et de poursuivre : « il en était de même pour l’islam ». Selon Jean Dip, il aurait surement fallu faire un tri et adapter le christianisme à ce nouveau monde mais comme toujours, ce fut aux africains de s’adapter et non le contraire. Et pour bien argumenter sa thèse, l’auteur nous parle du prélat Jacques Seck qui maitrisait parfaitement les écrits du coran et de la bible. Il parle de ses relations avec son ami Zale, un ancien dragueur converti au mouridisme et qui est devenu un fervent pratiquant et défenseur de la religion musulmane.

Les étapes de la vie de l’homme à Nguéniène

En Afrique, pour être homme il faut tout d’abord passer par la case de l’homme appelée la circoncision. Des rassemblements qui réunissent tous les âges, pendant les vacances de Pâques. Là, l’auteur nous fait découvrir cette tradition sans entrer dans les secrets que semblent détenir juste les initiés. En Afrique, le circoncis peut prendre part à toutes les décisions ayant trait au devenir de son terroir. Il remplace aussi le père de famille en son absence. Tant de privilèges et de responsabilités qu’on lui attribue. Les séances de luttes aussi étaient pour les villages l’occasion d’une cohésion sociale. Quant aux initiés, elles constituent un prétexte pour mesurer leur courage et bravoure. Ces manifestations étaient pacifiques.

Le séjour à Joal

Son passage à Joal sera de courte durée. Parti pour le collège, l’auteur découvre un autre monde avec un enseignement basé sur la pratique. Malgré les nombreuses bêtises dont il était l’auteur, la correction se résumait en punition ou au renvoie. La cravache était presque absente. L’auteur évoque aussi l’hébergement qui n’était pas toujours des meilleurs. Trouver une famille d’accueil, relève du parcours du combattant. Ici contrairement à son village, il se devait de faire les tâches même celles réservées à la femme. Toutefois, l’amour que lui portait sa tutrice et l’affection lui permettaient de surmonter les obstacles. L’auteur évoque aussi sa relation avec le pêcheur Mory qui malheureusement va périr en mer. Ce dernier avait volé au secours de Jean lorsque ce dernier venait chercher du poisson pour sa tutrice et qu’il était obligé d’emprunter des voies illégales pour s’acquitter de cette tâche. Mory qui avait connu les réalités de l’hébergement qui lui ont coûté ses études, se propose de lui fournir gratuitement le poisson.

Au delà de la personne de Jean Dib Ndour, cet ouvrage parle à tout africain et permet aux autres de regarder ce Continent d’un autre oeil…

« Enracinement d’abord, ouverture après » nous dit Jean Dib Ndour, une maxime qu’il emprunte au Président Poète Léopold Sédar Senghor.